Association des Enseignants d’Activités Technologiques
Contribution de l’AEAT à la Commission JOUTARD

Contribution de l’AEAT à la Commission JOUTARD - Janvier 2003

Notre contribution du 26 janvier 2003
dimanche 26 janvier 2003 par Yves LEMAL

 Contribution de l’AEAT aux travaux de la commission Joutard en charge du projet d’évolution de la « TECHNOLOGIE EN COLLEGE »

L’A.E.A.T. en tant qu’association disciplinaire n’a pas vocation à élaborer de nouveaux programmes. Néanmoins nous demandons que les positions prises par les professeurs spécialistes de la discipline sur le terrain, lors des différentes assemblées générales de l’association, soient entendues et prises en compte par le groupe d’experts chargés actuellement de la refonte des programmes de technologie.

Que pensons-nous de la stratégie de mise en place de cette réforme ?

Notre discipline a une histoire, la nécessité d’une pratique et d’un enseignement des activités de production humaine a pris diverses formes au cours de l’histoire, les professeurs de technologie constituent le corps disciplinaire qui a probablement le plus régulièrement évolué. Ils ont également conservé un regard critique sur les logiques disciplinaires qui leur étaient imposées et les conditions faites à leur enseignement.
Au moment où se profile une nouvelle évolution, ils tiennent à ce que leur expérience de l’élève, des situations de classe soient prises en compte. Ils souhaitent qu’une critique juste soit faite des programmes actuels, sans négliger les grandes disparités des conditions d’enseignement que le rapport de l’IGAEN de juillet 2002 met en évidence.
En effet, à quoi bon aborder une nouvelle réforme si d’avance on sait que les moyens de sa mise en place ne seront pas à la hauteur des ambitions ?

Tout changement de programme doit s’accompagner :

  • de l’attribution des moyens nécessaires en matériel et en heures (On ne peut pas reprocher à un enseignant de ne pas avoir le matériel et/ou l’horaire nécessaires à l’application des programmes),
  • de l’attribution des moyens financiers nécessaires aux productions,

Et doit être :

  • l’occasion d’une mutualisation des expériences et des évolutions mises en œuvre,
  • l’occasion de mettre en place une modification des contenus de la formation initiale et de positions de formations vraies en matière de formation continue. [1]

Tous les changements de programmes doivent respecter les repères acquis par les élèves et les enseignants et donc leur mise en application doit être progressive.

Un cahier des charges pour la technologie.
Ce qui nous paraît essentiel dans les activités technologiques au long du cursus scolaire.

La technologie est une discipline de découverte et d’appropriation qui doit solliciter et accompagner la curiosité des enfants vis à vis du monde des objets :

  • approche des problèmes techniques et de leurs solutions, connaissance du monde des objets, et des matériaux,
  • utilisation des langages utilisés dans le monde technique, pratique des grandes familles d’outils dans les divers domaines techniques transférables au collège...
  • compréhension et intervention sur le monde dans lequel nous vivons.
  • éveil de l’élève comme citoyen, comme individu à part entière, comme travailleur futur en lui fournissant les savoirs nécessaires à l’analyse et aux transferts qui lui permettront de s’adapter et donc d’évoluer.
  • pratique du travail en équipe

La technologie est une discipline d’enseignement général pour tous :

  • elle contribue, au même titre que toutes les autres disciplines, à la connaissance des métiers et du milieu professionnel et à la construction du projet personnel des enfants en matière d’orientation.
  • tous les élèves doivent avoir un horaire fixe dans ce domaine et suffisamment important pour permettre efficacement de considérer le monde de la production et de mettre en œuvre des situations pédagogiques dans lesquelles ils ont le temps de s’impliquer.
  • au collège, au-delà de l’existence possible d’options, la technologie doit rester un élément du tronc commun d’enseignement, elle doit conserver le statut d’une activité de production dans laquelle les élèves intègrent divers savoirs, en les adaptant aux contraintes fixées par le projet.

La technologie repose sur un élément clé, la production scolaire, qui dynamise la participation de l’élève et donc l’acquisition de connaissances :

a) L’élève doit être partie prenante du projet qui donne du sens à son activité, qui est le support de sa motivation, de ses apprentissages, de ses acquis.

b) Les compétences développées par la technologie : [2]

  • Habilité de la main et du corps,
  • Rigueur de l’esprit (précision, méthode et persévérance),
  • Gestion du temps et de l’espace,
  • Aptitude au codage.

c) Toutes les activités techniques doivent déboucher sur des productions qui mettent en jeu des matériaux et utilisent des ateliers et des équipements pour lesquels des financements sont prévus (investissements et fonctionnement).

d) Les financements doivent être publics. La finalité de la production d’élèves n’est pas d’être « concurrentielle ». Les productions élèves ne sont pas à vendre, ce sont des exercices pédagogiques moteurs de l’investissement de l’élève et les témoins de ses acquis.

e) Aucune technique n’est obsolète ; c’est l’appareil économique qui, au gré des tendances, des intérêts, des profits ou en fonction de choix politiques, décide si une technique est une technique de pointe ou une technique obsolète. C’est la situation scolaire qui doit déterminer quelles techniques devront être mises en œuvre dans le cursus de l’Ecole. Les techniques supports peuvent être extrêmement variées. Les matériaux entrant en classe sont ceux qui apportent quelque chose à l’enfant. Il n’y a pas de matériau « dépassé ». Les situations d’apprentissage justifient que la technologie soit polytechnique et poly-support.

f) Faire produire les élèves et suivre une démarche pédagogique spécifique à la discipline nécessitent des conditions d’enseignement adaptées :

  • effectif réduit permettant de respecter les normes de sécurité, permettant de mettre les élèves « en projet » et la mise en œuvre d’un travail en « groupes autonomes »,
  • horaire significatif et suffisant pour respecter les rythmes d’acquisition. Sur ces sujets, les textes officiels doivent être clairs et non interprétables, afin d’éviter que les enseignants ne se trouvent individuellement en difficulté comme c’est souvent le cas actuellement.

En conclusion, la technologie discipline de l’enseignement général, discipline de découverte, d’éveil et de construction des connaissances de base liées au monde des objets, basée sur la production, s’adresse à tous les élèves.

Pour pouvoir remplir son rôle elle doit se concevoir dans des conditions particulières :

  • Avec des enseignants formés, non pas seulement pour passer les concours (réducteurs) actuels mais pour être ouverts à de nombreux domaines, en renforçant leur culture générale, historique, technique, pédagogique, en leur donnant aussi accès aux sciences de l’éducation,
  • Avec des lieux adaptés aux pratiques de classe (ateliers, équipement, matériel),
  • Avec des effectifs élèves faibles pour des raisons de pratiques de classe et de sécurité,
  • Avec des moyens financiers permettant d’œuvrer efficacement pour atteindre les objectifs fixés à la discipline...

 Paris le 26 Janvier 2003

Le CA de l’AEAT

Contribution de l’AEAT à la Commission JOUTARD - Janvier 2003

[1Au delà d’une formation d’aide à la « mise en œuvre » des programmes

[2La technologie n’est pas la seule à développer ces compétences mais elle est la seule dans le domaine de référence


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 8288 / 129210

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Textes de référence   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License