Association des Enseignants d’Activités Technologiques

Projet de Programmes, Position de l’AEAT

mardi 13 mai 2008 par Yves LEMAL

Le projet de programme de technologie pour le collège vient de sortir en avril 2008. Les compte-rendus de la commission Chevallier, nous avaient déjà préparés à l’économie générale du texte.

Les 25 pages comportent 5 pages d’introduction, puis suivent 4 à 5 pages de contenus par niveau de la 6ème à la troisième.

Les connaissances de chaque niveau sont classées selon six composantes : analyse et conception de l’objet technique, matériaux, énergies, évolution de l’objet technique, communication et gestion de l’information, réalisation de l’objet technique.

Ces connaissances sont identifiées, accompagnées de l’énoncé des compétences attendues de l’élève et commentées.

Des thèmes nationaux sont indiqués pour chaque niveau : « moyens de transports » en sixième, « habitats et ouvrages en cinquième, »confort et domotique" en quatrième. La classe de troisième se consacre à la mise en oeuvre d’un ou plusieurs projets collectifs.
Du point de vue des formes de travail un paragraphe de l’introduction (p.4) nous dit :

« Les activités d’observation, de manipulation, d’expérimentation, de fabrication et d’assemblage d’objets techniques répondant à une situation problème sont le coeur de l’enseignement en technologie. Elles sont une base didactique privilégiée pour accéder aux connaissances et capacités déclinées par approches dans le programme. Elles doivent mobiliser l’élève plus de deux tiers du temps consacré à l’enseignement de la technologie. »

Il faut noter enfin une partie singulière et d’ailleurs très courte de l’introduction (7 lignes) intitulée : « Contribution de la technologie à l’histoire des arts ».
Cette partie joue sur l’ambivalence du mot « arts » repris ici dans son sens ancien du XVIIIème Siècle et que l’on retrouve dans l’expression« Arts et Métiers ».

On peut se demander -et ceci introduit maintenant nos commentaires- si cette précision n’arrive pas à point nommé pour souligner des zones de recouvrement entre les disciplines. Si les interfaces disciplinaires sont évidemment sources de sens pour les élèves, elles sont aussi autant de prétextes pour gérer les services des enseignants et les éventuelles absences.
Il en va de même pour les relations entre Technologie et Physique.

Nous savons qu’au-dessus de ces réformes de contenus planent les intentions désormais affichées d’introduire la polyvalence au Collège.

Si nous revenons maintenant sur le paragraphe cité plus haut (« ..plus de deux tiers du temps.. »), nous sommes évidemment d’accord avec un principe de « pédagogie active » que cette suggestion comporte. Qu’il nous soit permis tout de même de nous interroger sur la quantité de matériel, de place, sur les effectifs réduits qu’une telle pédagogie suppose.

Là dessus rien n’est dit et l’on peut craindre que ces intentions ambitieuses ne se heurtent à la dure réalité des crédits d’enseignement et à celle des conditions effectives de travail.

Notons que la réalisation technique finalisée et individualisée est absente du projet.
Nous savons pourtant que c’est celle-ci qui motive les élèves, qui leur donne le sens de l’entraide et du travail collaboratif, qui fait le lien entre les connaissances, qui leur donne du sens.

On peut également relever que les visites d’entreprises de production de biens matériels sont absentes du projet. Celle-ci devraient pourtant fonder l’ouverture régulière au monde des techniques pour tous les élèves du collège.

Rien non plus n’est dit sur la documentation considérable que l’Etat doit mettre à disposition des enseignants pour qu’ils développent un enseignement rigoureux et au fait des recherches et de l’actualité.

En conclusion nous avons dans ce texte un ensemble structuré d’intentions et de principes mais sans la prise en compte des motivations fondamentales des élèves (produire des objets qui ont un destin réel et valorisant dans leur environnement), sans une ouverture concrète au monde de la production, sans les conditions d’effectifs réduits absolument nécessaires à la réussite des activités d’observation d’expérimentation et de production technique, absolument nécessaire aussi à la sécurité de tous, sans enfin les crédits suffisants pour les réalisations des élèves.

Malgré des idées intéressantes ici et là, il s’agit d’une réforme répondant au cahier des charges explicitement ou implicitement convoqué : réduire les coûts d’enseignement, ménager des ouvertures pour la polyvalence et donc la gestion des personnels et des absences, faire croire à du neuf.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 84 / 129210

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site AEAT actualité   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License