Association des Enseignants d’Activités Technologiques
Compte rendu

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DE L’AEAT

dimanche 19 novembre 2006 par Yves LEMAL

 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DE L’AEAT
  • 18 NOVEMBRE 2006 - PARIS

L’assemblée générale a été ouverte à 10 heures par le Président, Christian Houdré. Nous sommes actuellement dans un combat pour la survie de la discipline, même si notre association et d’autres ont œuvré pour empêcher que cela dérape. L’AEAT va continuer à faire des propositions. En particulier nous sommes attachés à une Technologie liée à la production scolaire.

La matinée a donné lieu à des échanges dont nous essayons de vous donner la teneur :

Il est important dans le contexte actuel de ne pas agir seuls, nous devons tenir compte du comportement des autres associations ces dernières années, afin de reconstruire un front vis-à-vis du groupe d’experts. Nous dénonçons les disfonctionnements de tous ordres auxquelles nous avons assisté ces derniers temps : soucis de carrière pour certains, non respect des cadres réglementaires pour la mise en place de nouveaux programmes (délais de carence non respectés, passage en force, etc).

L’AEAT, l’AEET, Pagestec et certains syndicats ont eu pour l’instant des convergences pour exiger une remise à plat de la discipline.

Il est désolant de constater que des gens très compétents n’ont pas été capables de penser une approche valable de la technique, alors que d’autres disciplines n’ont pas subi ces carences. Il semble que les IPR qui ont pris les rennes de notre discipline l’aient fait par défaut. Il y a, au niveau de l’inspection actuelle, un véritable turn-over, et un manque d’homogénéité selon les académies. On s’éloigne de plus en plus de l’esprit de la COPRET et on confie la discipline à des instances peu informées.

L’AEAT dénonce les initiatives malheureuses de certains inspecteurs : il en va ainsi des prises de position inacceptables sur les programmes du cycle central, sur le site de l’Académie de Lyon (voir le texte et notre position en page 8 du présent bulletin) ainsi que des interprétations très partisanes sur les sciences intégrées à la faveur de la parution du guide d’équipement de l’Académie de Paris (voir page 9 de ce bulletin).

C’est le rôle des associations de mettre ces problèmes sur la table, car un professeur inspecté n’est pas en mesure de résister à une telle pression qui lui serait imposée. Un recours juridique d’un collectif d’associations pourrait être envisageable.

Nous mesurons le poids des sciences de l’ingénieur sur les nouveaux programmes de Technologie : en sixième, la réforme a consisté à profiter d’un changement de programme pour donner une tournure franchement « sciences de l’ingénieur » dans le but alimenter la filière STI des lycées, qui perd beaucoup d’élèves. On amorce-là une pré-professionnalisation. Sur le site de ressources de Poitiers, on peut trouver des « centres d’intérêt », termes identiques à ceux employés de STI.

Par ailleurs, il a été proposé le projet de programme du cycle central qui peut être mis parfaitement en parallèle avec les cinq projets de bacs STI. On structure les sciences de l’ingénieur autour de la conception ce qui n’est pas contestable en soi, mais tout en minorant la partie réalisation, et là c’est plus contestable, car elle est à la fois finalisation des projets et source de signification pour les élèves. Notre pays même en voie de désindustrialisation tempoporaire a encore besoin de la conception mais aussi de la production.

Rappel sur les thèmes qui étaient retenus dans les projets de programme du cycle central :

  • Design du produit technologique
  • Architecture et cadre de vie
  • Transmission de l’information
  • Énergie et environnement

Une inquiétude importante se manifeste en constatant la fermeture de tous les CAPET, sauf celui de Technologie qui voit cependant ses postes diminuer de moitié. On peut là s’interroger sur l’avenir de l’enseignement technique et technologique. La mise en place du C2i niveau 1 va dans le sens d’une importance de plus en plus considérable accordée à la simulation. Il y a une tendance à écarter la production en réel. Mais nous rappelons que pour être capable de concevoir il faut d’abord avoir eu un minimum d’expérience du « faire ». On comprend qu’il y a là un souci d’économie mais n’est-ce pas au prix d’un recul considérable de l’efficacité ?

Notons tout de même qu’il y a une contradiction à l’heure de la mondialisation : même si les fabrications se délocalisent dans d’autres pays, l’école a le devoir de faire comprendre comment on produit en Chine, autant qu’on peut le faire en France. De plus, n’oublions pas que les coûts à la hausse des transports conduiront peut-être à relocaliser des fabrications en Europe dans quelques années, et que l’école a son rôle à jouer à ce niveau dans la formation de l’individu envisgé sur le long terme.

La proximité des élections présidentielles peut être une opportunité d’envisager les choses différemment de la période qui vient de s’écouler. On pourrait dire que pour la Technologie, c’est « maintenant ou jamais ». Soulignons que la Technologie représente un poids considérable : un quart des CAPET. Il faut fédérer la réflexion des associations et des syndicats, il est impossible de faire disparaître 19 000 enseignants de Technologie, et s’il y avait un véritable corps d’inspection de la discipline, ce serait encore plus difficile.

Quelques pistes pour l’avenir de notre discipline :

  • Tout d’abord il faut faire le bilan de ce qui a marché, et de ce qui n’a pas fonctionné pendant la dernière décennie. Car il n’y a pas eu d’analyse pédagogique, il n’y a eu qu’un bilan administratif en 2002 (rapport Louis), mais ce rapport n’abordait même pas les problèmes financiers et matériels pourtant cruciaux dans la discipline (sur ce dernier point, nous soulignons qu’une inspection qui refuse de parler matériel, effectifs et finances, se rend illégitime aux yeux des enseignants).
  • Il est nécessaire de déterminer ce qui est bien pour les jeunes en matière d’éducation technologique. Un groupe de personnes devrait auditionner des gens de différents milieux sur ce sujet, afin de réfléchir aux besoins. Il faut se donner du temps. L’AEAT pourrait dans cette perspective demander à être convoquée.
  • Demander une étude de faisabilité du nouveau programme de sixième (on peut en particulier se questionner sur la réalité que tout le monde soit brusquement compétent sur le thème des transports et la démarche d’investigation).
  • Concernant l’expérimentation de sciences intégrées depuis la rentrée 2006, voir qui sont les expérimentateurs : s’ils sont en relation avec les membres de la commission chargée d’évaluer l’expérimentation, il est clair que dans ce cas ils sont tout à la fois juge et partie... Si l’expérimentation aboutit à la conclusion qu’il n’y a plus besoin de Technologie et que celle-ci doit se fondre dans les sciences intégrées, nous devons exiger que soit prouvé en quoi notre discipline ne serait plus utile. Il faut bien avoir présent à l’esprit que dans l’expérimentation de sciences intégrées, le modèle anglo-américain sera pris en compte (séparation entre informatique et utilisation de machines).
  • Nous rappelons qu’il est indispensable de ne pas oublier l’essentiel : qu’est-ce que la Technologie ? Quel apport intellectuel et quel apport de bien-être pouvons-nous amener aux enfants ? Nous devons réfléchir à l’intérêt propre des élèves dont la remière question en entrant en cours est de savoir ce qu’ils vont construire en Technologie et dans quel but.

Mais il y a une ambiguïté sur le devenir de l’objet fabriqué : il faut arrêter de faire croire qu’on peut le vendre. Pour l’enfant, le rapport au corps engagé est important, l’élève peut en retirer des intuitions qui fondent le début d’un processus dont parlait Piaget (vécu, perçu, représenté).

Nous devons exiger une réflexion sur ce que nous avons produit et l’effet que cela a eu sur les élèves.
La refondation de la Technologie qui vient d’avoir lieu est de l’impensé. Il faudrait une étude de faisabilité pour les domaines de base.

Les domaines des programmes précédents (mécanique, électronique, gestion) ne sont certes que des domaines pour balayer les objets, mais ces trois disciplines ont une référence universitaire installée. Pour le domaine des transports, il faudrait recruter des spécialistes des systèmes motorisés, ce qui ouvrirait un quatrième pôle ! Nous nous interrogeons pour savoir si les trois pôles d’origine sont à défendre de manière forte. Faudrait-il introduire les services ? A ce sujet, une commission pourrait auditionner des spécialistes.

Pour envisager une véritable refondation de la discipline, il est indispensable de réfléchir aux points suivants :

  • Quelle Technologie voulons-nous ? En continuité ou en rupture avec l’école élémentaire (où la main à la pâte est largement développée) ? Les techno sciences sont elles envisageables ?
  • Quelles réalisations au collège ? Dans les programmes de 1985 et ceux de 1996, la réalisation sur projet était fondamentale. Même si dans l’avenir en France, l’industrie ne traite plus que la conception des produits, la réalisation en formation est un passage obligé. Il sera toujours nécessaire de faire une maquette et un prototype. La réalisation est indispensable même si elle ne se fait que sur un petit nombre de produits en fonction d’une commande.
  • Quel type de production : collective, individuelle ? Pour la mise en place du programme de 6ème, nous avons souvent entendu « collectif », alors que les textes laissent la possibilité de production individuelle.
  • Comment aider les professeurs en difficulté sur le terrain ? Car la multiplication de dispositifs divers (heures pour le B2i, les IDD, la découverte professionnelle, etc) crée une précarité des postes et dégrade la disponibilité. Ces dispositifs sont aléatoires, et peuvent amener à la disparition d’un poste, d’où une instabilité de l’équipe et une difficulté à défendre la discipline lorsqu’on est sur deux établissements.
  • Quel rôle notre discipline doit-elle jouer pour l’information sur les métiers ? Doit-on lorsqu’on travaille sur projet, introduire tout le temps un parallèle avec les métiers ? Si la découverte professionnelle disparaît dans quelques années, ne vaudrait-il pas mieux l’intégrer à notre discipline plutôt que de perdre ensuite ces moyens et nous mettre en difficulté ?
  • Quel rôle la Technologie doit-elle avoir vis-à-vis de l’informatique au collège ? Il faudrait définir clairement ce que l’on veut dévoiler aux enfants. Cet enseignement par son évolution rapide risque d’être problématique. Pourrait-on envisager d’aller plus loin, vers le traitement de l’image, la vidéo, etc ?

L’après-midi débute par de courts débats sur les points mentionnés ci-dessus.

 Puis l’Assemblée Générale Statutaire a lieu :

Bilan financier
Ignace Rak et Sylvie Dreno vérifient les comptes de l’association pour 2004 et 2005.
Le bilan est adopté avec les félicitations reconnaissantes à notre trésorière Claude-Sylvie Cunin !

Rapport d’activités
Après présentation par Christian Houdré des activités de l’AEAT pendant les deux dernières années (entrevues au ministère, courriers importants envoyés, textes de fonds élaborés par l’association, démarches menées en commun avec les autres associations et syndicats, élaboration et réalisation du bulletin), le rapport d’activités est approuvé à l’unanimité.

Elections, renouvellement du CA
Les membres sortants sont Yves Lemal, Christian Houdré, Dominique Ancelin, Guy Wessels.
Après le vote (se faisant avec 65 pouvoirs), ces membres sont réélus au CA.

Mandats

L’AG donne mandat au CA de l’AEAT pour :

  • Etudier les six points au-dessus sur lesquels nous avons réfléchi pour une véritable refondation de la discipline, en considérant que nous sommes très attachés aux fabrications, et qu’il n’y a pas de technique obsolète pour la mise en place de la Technologie au collège (il y a un espace de liberté pédagogique).
  • Demander un rendez-vous à la nouvelle commission qui doit travailler sur les programmes, et qui, à ce jour, devrait être présidée par Monsieur Pineau.

L’assemblée générale s’achève à 19 heures.

Mise en application des décisions d’AG

  • Le CA décide d’envoyer par courrier électronique aux adhérents, les lettres, articles de fond, les actualités, les comptes-rendus courts d’AG, les prévisions d’activités, lorsque ces documents sont prêts pour publication au bulletin.
  • Le CA envisage de diminuer le nombre de bulletins publiés.

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