Association des Enseignants d’Activités Technologiques
LUNDI 6 FEVRIER 2006

CONSULTATION DE L’AEAT AU MINISTERE

mardi 7 février 2006 par Yves LEMAL

CONSULTATION DE L’AEAT AU MINISTERE

LUNDI 6 FEVRIER 2006

Après envoi d’une lettre commune des syndicats et associations, relative à l’élaboration des programmes du cycle central, les différentes organisations signataires ont été convoquées pour des entrevues au Ministère de l’Education Nationale.

Nous avions reçu quelques jours auparavant une nouvelle version des programmes, élaborée par la DESCO (Direction des Enseignements Scolaires). Nous avons étudié attentivement ce texte (rappelons que le projet de la commission Secrétan, soumis à la consultation au printemps dernier avait été retiré du site Eduscol).

L’AEAT a été reçue le lundi 6 février par Monsieur Roque, Chef du Bureau du contenu des Enseignements, et Madame Françoise Christophe.

Celui-ci nous a informés que le nouveau texte de la DESCO pour le cycle central est en fait une esquisse qui sera remise en chantier. Cela s’inscrit dans la logique de la sortie d’un décret sur le socle commun en mars ou avril, toutes les disciplines devant être reprises en aval. Il n’y aura donc pas de mise en place des programmes de cinquième et quatrième à la rentrée 2006. Ceci laissera à la profession un répit pour une meilleure mise en oeuvre du programme de sixième.

Il nous a été demandé de donner nos réactions sur les nouveaux programmes de sixième, et d’expliquer notre approche générale de la discipline.

Nous avons fourni à Monsieur Roque un exemplaire de tous les textes de position de l’AEAT ces dernières années, ainsi qu’un avis de l’association sur les nouveaux programmes produits par la DESCO (voir bulletin ..).

Concernant les stages de formation aux nouveaux programmes, il nous semble indispensable que les enseignants soient convoqués et non invités à des réunions, et que l’horaire consacré soit consistant, car bien peu d’enseignants ont pu bénéficier d’une formation de plusieurs jours. La question de la démarche d’investigation est délicate, cela tend vers une démarche de physiciens.

A propos de la place des TICE dans le programme de sixième, Monsieur Roque nous explique qu’il a été délibérément choisi d’enlever les structurations que nous apportions dans le programme de 95, ceci dans l’optique d’obliger tous les enseignants à prendre en charge cet enseignement, mais Monsieur Roque relève que cela ne marche pas (voir B2i en panne).

L’AEAT fait remarquer que les attentes de l’Etat relativement à la rénovation de notre enseignement sont restées opaques dès le début, qu’un véritable encadrement de la discipline fait toujours défaut, tout ceci étant de nature à décourager les collègues qui naviguent dans le flou et se retrouve sans aucun soutien face aux divers problèmes et contradictions qui leur sont de plus en plus souvent imposés dans les établissements

Nous relevons que le projet de la DESCO fait penser aux contenus des sections STI, Monsieur Roque nous affirme qu’il s’agit de la forme, et non du fond, il ne pense pas qu’il y ait là des intentions de nous assujettir aux STI. Le texte évoluera.

Nous faisons part de notre inquiétude à voir la place des productions se restreindre, au risque de décourager les enfants du fait technique.

A cet effet, nous relevons que dans le projet de la DESCO, les niveaux de maîtrise des compétences sont répartis selon le pourcentage suivant :

  • « je sais », niveau 1, 45,45%
  • « je sais en parler », niveau 2, 47,72%
  • « je sais faire », niveau 3, 6,81% (si peu et uniquement en informatique)

Une dérive de la Technologie vers le papier crayon en classe entière nous semble à craindre dans ces conditions.
De plus nous notons que le mot « réalisation » apparaît pour la première fois bien plus bas (et entre parenthèses) dans le texte de la DESCO que dans celui de la Commission Secrétan. Monsieur Roque en est surpris et relève que le terme « réalisation d’un produit » est tout de même en gras, et que le terme « activités » apparaît dès les premières lignes.
L’AEAT réaffirme la place centrale de la fabrication qui est la justification de notre discipline : la Technologie est le seul endroit au collège où les enfants se confrontent au matériau. Monsieur Roque reconnaît que le concret est indispensable.

Nous avons été questionnés sur les informations que l’AEAT possède à propos de la mise en place des horaires dédoublés en sixième.

Il nous semble qu’à ce sujet de fortes disparités sont à relever, selon les établissements. Certains principaux ont pris l’habitude de prendre des largesses avec la Technologie. C’est l’occasion pour l’AEAT de reparler encore une fois des problèmes d’horaires et d’effectifs, ainsi que des difficultés de faisabilité et de sécurité en découlant. Nous insistons particulièrement sur les contraintes de sécurité, dont les règles sont éparses et dépendent de plusieurs administrations, la synthèse retombant sur les enseignants. Nous précisons que la contrainte légale prioritaire étant la sécurité des personnes, un professeur de Technologie peut se voir obligé de ne pas appliquer certaines parties des programmes afin de respecter cette règle et ne mettre en danger ni ses élèves ni lui-même.

Monsieur Roque fait remarquer que la question des effectifs est liée à l’arrêté horaire (*), ce n’est pas le programme qui peut décider de l’effectif, de fausses illusions ont été données à ce sujet par le groupe d’experts. Puisque l’arrêté ne parle pas de groupes, il faut donc comprendre qu’il s’agit de travail classe entière. Les horaires relèvent du Bureau des Collèges. Monsieur Roque insiste sur le fait qu’il y a nécessairement des ajustements en fonction des contraintes locales. A notre remarque sur la disparité que cela ne manque pas d’occasionner selon les endroits et la perception qu’a le Principal de la discipline, Monsieur Roque acquiesce.

Cela nous entraîne rapidement vers le problème de l’Inspection, dont le manque de disponibilité met de fait les enseignants en difficulté, chaque professeur se trouvant en première ligne face à son Chef d’Etablissement. Nous avons besoin d’une inspection disponible et compétente pour la discipline.

A notre question concernant le nom de l’Inspecteur Général actuellement responsable de nous, Monsieur Roque répond qu’il y a en fait plusieurs réponses : Un IG responsable de l’évaluation de la discipline, un responsable du groupe d’experts, et un Inspecteur qui chapeaute les IPR.

Nous abordons avec Monsieur Roque la question du guide d’équipement. Celui proposé par le groupe d’experts a été refusé, car ce type de guide n’est pas de la seule compétence de l’Education Nationale, mais aussi de celle des Collectivités Territoriales. Pour autant, en l’absence d’un nouveau guide, on ne peut cependant pas dire que celui de 1994 est encore valable.

L’AEAT soutient une demande de mise en place d’une troisième commission type COPRET afin que la réforme de la discipline soit vraiment pensée par toutes les personnes compétentes. Nous déplorons le temps qui a été perdu dans les errements précédents, et nous notons que la démarche de Monsieur Joutard prenant en compte les réalités et les besoins des enfants nous paraissait convenable.

En nous quittant au bout d’une heure et demie d’entrevue, Monsieur Roque note qu’il constate une récurrence dans les remarques, propos et demandes des différents associations et syndicats qu’il auditionne actuellement, à propos du devenir de notre discipline.

(*) L’AEAT rappelle les références des arrêtés concernant les horaires :


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